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Le taux de chômage calculé par le STATEC reste stable à 6,3% au Luxembourg en 2026, alors que le marché de l'emploi affiche des dynamiques très contrastées selon les secteurs.
Les métiers du magasinage, de la manutention, du nettoyage industriel et des soins paramédicaux enregistrent les plus fortes progressions d'offres selon l'ADEM.
La liste officielle des métiers très en pénurie, publiée au Journal officiel, recense 20 professions pour lesquelles les recruteurs peinent à trouver des candidats qualifiés.
Le marché de l'emploi luxembourgeois traverse une période paradoxale. D'un côté, le nombre de demandeurs d'emploi progresse, avec de nouvelles inscriptions en hausse de 3,6% en avril selon les derniers chiffres de l'ADEM.
De l'autre, les employeurs déclarent plus de 3 000 postes vacants sur le même mois, pour un stock total de 7 448 offres disponibles, en progression de 3,4% sur un an. Cette situation illustre un marché à deux vitesses, où le chômage coexiste avec des difficultés persistantes de recrutement dans plusieurs secteurs clés.
Selon le STATEC, la population active a continué de croître en 2026, portée notamment par une hausse du taux d'activité. Mais cette dynamique cache des réalités différentes selon les profils : une part croissante des postes créés au Luxembourg est occupée par des travailleurs frontaliers, tandis que le nombre de chômeurs inscrits à l'ADEM progresse.
L'ADEM poursuit sa transformation pour mieux accompagner les demandeurs d'emploi et soutenir les employeurs, en misant sur le développement de la formation, l'up-reskilling et la digitalisation des services, avec déjà 85% des demandes de chômage réalisées en ligne via MyGuichet. Des mesures spécifiques en faveur de l'emploi des jeunes sont également entrées en vigueur depuis le 1er juillet 2026, un signal supplémentaire de l'ajustement continu des politiques publiques face à ce marché de l'emploi en tension.
La liste 2026 des métiers très en pénurie, publiée au Journal officiel et établie par l'ADEM, recense 20 professions pour lesquelles les recruteurs disposent de très peu de candidats qualifiés, contre 22 l'année précédente.
Dans la santé et le social, les infirmiers, aides-soignants, éducateurs de jeunes enfants et professionnels de la petite enfance figurent parmi les métiers les plus recherchés, une tension renforcée par le vieillissement de la population et les exigences linguistiques du secteur.
La restauration recrute également fortement, avec une forte demande de cuisiniers, tandis que la construction voit apparaître de nouveaux métiers en tension dans le second œuvre, aux côtés de profils industriels comme les techniciens de maintenance, électromécaniciens et mécaniciens industriels.
Le secteur financier n'échappe pas à ces difficultés de recrutement, avec une demande soutenue pour les analystes de crédits et risques, les chargés de clientèle bancaire, les gestionnaires OPCVM, les auditeurs internes et les analystes KYC/AML, ces derniers nécessitant une double expertise technique et réglementaire rare sur le marché.
Du côté de l'informatique, les développeurs web, data analysts, architectes cloud, experts en cybersécurité et administrateurs de systèmes restent identifiés comme des métiers en pénurie depuis 2023, même si le volume d'offres dans ce secteur a nettement reculé ces dernières années.
Enfin, le magasinage, la manutention et le nettoyage industriel confirment leur dynamisme, avec les plus fortes progressions d'offres enregistrées par l'ADEM en avril 2026.
Le secteur des technologies de l'information illustre bien la complexité du marché de l'emploi luxembourgeois actuel. Isabelle Schlesser, directrice de l'ADEM, a alerté les députés en commission parlementaire sur l'ampleur du phénomène, expliquant que "le secteur TIC connaît une baisse historique depuis 2003", selon des propos rapportés par L'essentiel. Ce sont en particulier les développeurs et programmeurs juniors qui peinent aujourd'hui à retrouver un poste, l'ADEM elle-même reconnaissant ne pas toujours savoir vers où les orienter.
Ce constat vient nuancer l'idée reçue selon laquelle les métiers qui recrutent le plus au Luxembourg seraient exclusivement liés à l'intelligence artificielle. Francesca Bartoli, statisticienne à l'ADEM, rappelle que "le cliché disant que les métiers les plus recherchés et en vogue sont liés à l'IA est plutôt erroné si on compare avec le volume d'offres postées sur l'ADEM", comme le rapporte Le Quotidien. Les métiers traditionnels du secrétariat, des manufactures ou du transport continuent en effet de concentrer l'essentiel des offres d'emploi enregistrées à l'ADEM.
Le marché de l'emploi luxembourgeois de 2026 se caractérise donc par une coexistence entre un chômage stable à 6,3% et des pénuries structurelles bien identifiées dans la santé, la finance, la construction et l'industrie. Pour les candidats en recherche d'emploi, la clé réside dans une bonne lecture des données publiées par l'ADEM et le STATEC, afin d'orienter leur parcours ou leur reconversion vers les métiers qui recrutent réellement, plutôt que vers ceux qui font uniquement l'actualité.
Cette approche data-driven permet de transformer une période de transition professionnelle en véritable opportunité, dans un pays où les besoins de main d'œuvre restent, sur de nombreux métiers, largement supérieurs à l'offre disponible de candidats.