
Depuis le 1er juillet 2026, les employeurs qui n’ont mis en place aucune mesure pour garantir le droit à la déconnexion s’exposent à une amende administrative pouvant aller jusqu’à 25.000 euros.
En dehors de son temps de travail, un salarié n’est pas à la disposition de son employeur et n’est donc pas tenu de répondre aux emails, appels ou autres sollicitations professionnelles pendant ses périodes de repos ou ses congés.
Chaque entreprise peut définir les mesures les mieux adaptées à son organisation, comme le blocage des messageries, l’envoi différé des emails ou encore des règles spécifiques en cas d’urgence.
Le droit à la déconnexion n'est plus seulement une question de bonnes pratiques. Depuis le 1er juillet 2026, les employeurs n’ayant mis en place aucune mesure pour le garantir s'exposent à une amende administrative comprise entre 251 et 25.000 euros.
Pour Nathalie Moschetti, conseillère de direction à la Chambre des salariés, cette nouveauté ne crée pas un droit inédit. « Le droit à la déconnexion consiste en la mise en pratique des règles relatives à la durée du travail », estime-t-elle. Autrement dit, les temps de repos existaient déjà. La loi de 2023 est venue rappeler que les employeurs doivent désormais les protéger concrètement.
Le principe est déjà bien installé dans le droit luxembourgeois. Nathalie Moschetti rappelle qu'en 2019, la Cour d'appel a reconnu le droit à la déconnexion d'un salarié, licencié parce qu’il n’a pas répondu à son employeur pendant ses congés.
« Pendant son temps de repos, le salarié n'est plus à la disposition de son employeur. » C’est la logique de la réglementation sur le temps de travail, qui prévoit 11 heures consécutives de repos entre deux journées de travail.
"En télétravail, les mêmes règles que sur le lieu de travail habituel s'appliquent.”
Le développement du télétravail a brouillé les frontières entre vie professionnelle et vie privée. Pour autant, le cadre juridique ne change pas. « Les mêmes règles que sur le lieu de travail habituel s'appliquent », souligne Nathalie Moschetti. Les entreprises peuvent d'ailleurs disposer d'outils permettant d'enregistrer le temps de travail ou les heures de connexion.
Toutefois, la question des habitudes reste au cœur des débats. Répondre volontairement à un email dans le train ou le dimanche soir n'est pas interdit. « Il s’agit d’un choix personnel. Ce qui compte juridiquement, c'est que l'employeur ne sollicite pas le salarié en dehors de son temps de travail. »
"Les managers doivent donner l'exemple."
Bloquer les messageries le soir, programmer l'envoi différé des emails, afficher une alerte lorsqu'un collaborateur se connecte hors horaires... Les solutions sont nombreuses.
La loi laisse chaque entreprise définir son propre dispositif. Nathalie Moschetti recommande toutefois un règlement spécifique consacré au droit à la déconnexion. Plus souple à faire évoluer, il permet de préciser les règles applicables à tous les salariés, y compris les cadres supérieurs. Les éventuelles dérogations et mesures de sensibilisation peuvent y figurer.
Avant de fixer ces règles, elle conseille d'observer les pratiques de l'entreprise. Une enquête interne ou une analyse des connexions hors horaires peut révéler les services les plus exposés. « Les managers doivent donner l'exemple », insiste-t-elle. Car le droit à la déconnexion relève aussi d'une culture d'entreprise.
La loi n'interdit pas tout contact en dehors des horaires habituels. Une cyberattaque ou une situation exceptionnelle nécessite la mobilisation immédiate de certains salariés. Ces cas doivent toutefois être anticipés dans les règles internes de l'entreprise, avec, si nécessaire, une compensation prévue. Cela peut prendre la forme d’une prime par exemple.
En dehors de ces exceptions, le principe reste clair. « Aucune sanction ne peut être prise contre un salarié qui ne répond pas à une sollicitation pendant son temps de repos. »
La logique est similaire en cas d'arrêt maladie. L’employé n'est pas tenu de répondre. « C'est à l'employeur d'organiser la continuité de l'activité », rappelle Nathalie Moschetti, notamment en prévoyant des relais au sein des équipes, comme la formation de binômes pour reprendre les dossiers.
L'entrée en vigueur des sanctions devrait accélérer la mise en conformité des entreprises. Reste à voir comment ce droit sera appliqué au quotidien. Les premiers retours du terrain et les futurs contentieux viendront sans doute préciser certaines situations.
Une chose est déjà acquise : au Luxembourg, le droit à la déconnexion ne repose plus uniquement sur le bon sens. Il devient un véritable sujet d'organisation du travail, où l'exemplarité des managers compte autant que les outils numériques mis en place.
Qu'est-ce que le droit à la déconnexion au Luxembourg ?
Il garantit au salarié le droit de ne pas répondre aux sollicitations de son employeur en dehors de son temps de travail. Il découle des règles sur la durée du travail, notamment les 11 heures de repos consécutives entre deux journées.
Quelle sanction encourt les employeurs qui ne respectent pas cette obligation ?
Depuis le 1er juillet 2026, les employeurs n'ayant mis en place aucune mesure s'exposent à une amende administrative de 251 à 25.000 euros. Chaque entreprise reste libre de choisir le dispositif le plus adapté à son organisation.
Un employeur peut-il contacter un salarié en dehors de ses horaires ?
Oui, uniquement dans des situations d'urgence, comme une cyberattaque, à condition que ces cas soient prévus dans les règles internes, avec une compensation si nécessaire. Hors de ces exceptions, aucune sanction ne peut frapper un salarié qui ne répond pas.