Intelligence artificielle et emploi des jeunes : où en est le Luxembourg ?
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Intelligence artificielle et emploi des jeunes : où en est le Luxembourg ?

Xavier Foucaud
Responsable éditorial
Une étude de la Banque de France et de HEC Paris associe l'essor de l'IA générative à un net recul des embauches en CDI des 21-29 ans en France. Au Luxembourg, aucune mesure équivalente n'existe à ce jour, mais plusieurs données publiées en 2026 permettent de repérer des signaux comparables.
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En France, les embauches en CDI des 21-29 ans ont reculé de 28,3% dans les métiers les plus exposés à l'IA générative, contre 7,5% dans les moins exposés.

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Au Luxembourg, l'ADEM et plusieurs acteurs du recrutement observent une raréfaction des postes juniors, en particulier dans l'informatique.

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Les données disponibles ne montrent pas d'effondrement de l'emploi des jeunes, mais elles invitent à surveiller de près la transformation des postes d'entrée.

Publiée le 8 octobre 2026, une étude de la Banque de France menée avec le LIFT, le laboratoire d'HEC Paris, relance le débat sur l'impact de l'intelligence artificielle sur l'emploi des jeunes. Ses auteurs montrent que les entreprises françaises recrutent moins de jeunes en CDI là où l'IA générative peut le plus facilement assister ou réaliser les tâches.

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Qu'en est-il au Luxembourg, où l'intelligence artificielle se diffuse plus vite que dans les pays voisins ? Aucune statistique officielle ne mesure pour l'instant son effet sur les embauches par tranche d'âge, mais les données de l'ADEM, du STATEC et de la presse économique permettent un premier état des lieux de l'emploi des jeunes.

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Ce que révèle l'étude française sur l'emploi des jeunes et l'IA générative

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Cinq économistes ont classé les métiers selon leur exposition à l'IA générative, à partir du répertoire des métiers de France Travail. Entre novembre 2022 et mars 2026, les embauches en CDI des 21-29 ans ont reculé de 28,3% dans le cinquième de métiers le plus exposé, contre 7,5% dans le moins exposé. L'écart atteint 20,8 points chez les 21-29 ans, mais seulement 3,8 points après 50 ans, selon la Banque de France. Le recul vient surtout d'une baisse des recrutements plutôt que de licenciements.

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Dans une vidéo publiée le 9 octobre 2026, franceinfo cite parmi les métiers les plus exposés les traducteurs et interprètes, les journalistes, les comptables, les secrétaires et les développeurs, alors que les infirmiers, les assistants maternels et les ouvriers qualifiés sont moins touchés. 

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Les jeunes développeurs informatiques subissent le recul le plus net, avec une baisse de 42% de leurs embauches en CDI, d'après les chiffres repris par Clubic. Selon franceinfo, les 21-29 ans sont plus concernés car ils occupent souvent des premiers postes, aux tâches plus simples, et manquent d'expérience pour devenir indispensables.

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Toutefois, les auteurs restent prudents : leurs résultats décrivent une corrélation entre diffusion de l'IA générative et recul des embauches, sans établir de causalité unique, et franceinfo rappelle que le Covid et le télétravail ont aussi modifié le marché de l'emploi.

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Cliquer sur l'image pour voire la vidéo de franceinfo.

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Au Luxembourg, des signaux sur l'emploi des jeunes sans mesure directe

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Selon une analyse de Paperjam, le stock de postes vacants déclarés à l'ADEM s'est contracté de 7,8% sur un an, avec des baisses dans la comptabilité et l'informatique, alors que le nombre de demandeurs d'emploi diplômés du supérieur a progressé de 17,7%. Le chômage des 15-24 ans atteignait 18,9% en novembre 2025 d'après Eurostat, contre 15,1% en moyenne dans l'Union européenne, même si le taux d'emploi des récents diplômés restait l'un des plus élevés d'Europe, à 93,4% en 2022.

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L'intelligence artificielle contribuerait à ce resserrement. Fanny Trovato, People & Culture Manager chez Grant Thornton Luxembourg, estime dans Paperjam que les opportunités de débuter sur les postes directement touchés par l'IA « deviennent plus rares ». Isabelle Schlesser, directrice de l'ADEM, avait déjà alerté les députés en avril 2026 sur les développeurs et programmeurs juniors sans emploi, comme le rapporte L'essentiel.

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"L'IA soutient les talents, elle ne les remplace pas."

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Le tableau reste toutefois nuancé. D'après Virgule.lu, le volume d'offres IT est resté globalement stable sur douze mois, et environ 1 300 offres mentionnaient des compétences en IA en 2025, dont 16% l'IA générative. Antoine Boone, recruteur chez Value Partners Luxembourg, indique que son entreprise continue de recruter des juniors : « L'IA soutient les talents, elle ne les remplace pas », comme le rapporte notre précédent article Mythe ou réalité : l'intelligence artificielle va-t-elle vraiment supprimer les postes juniors ?.

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Intelligence artificielle : quels emplois sont les plus exposés au Luxembourg ?

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Le Luxembourg figure parmi les pays les plus avancés en matière d'adoption. Selon la note de conjoncture du STATEC de décembre 2025, citée par l'Aguram et relayée par Tout-Luxembourg, 24% des entreprises luxembourgeoises utilisaient des solutions d'IA en 2024, contre 13,2% en 2021, soit près du double de la moyenne européenne (13,5%). Le STATEC estime que 90% des travailleurs sont exposés à l'IA : le travail serait « augmenté » pour 55% d'entre eux et pourrait être automatisé pour 14%, soit environ 64 000 postes.

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Le risque varie fortement selon les métiers : il atteint 56% pour les employés de soutien administratif, contre moins de 2% pour les cadres, dirigeants et professions intellectuelles. Selon Paperjam, ce sont précisément des tâches traditionnellement confiées aux juniors, comme le reporting de base, la recherche ou le traitement de données, que l'IA absorbe en premier.

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Autre signal suivi de près : les effectifs des quatre grands cabinets d'audit et de conseil sont passés de 10 520 en janvier 2024 à 9 720 en janvier 2026, soit -8%, selon une note du think tank Idea de juillet 2026, qui avance trois hypothèses dont l'IA générative.

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Suivre l'entrée dans la carrière plutôt que craindre un effondrement

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En conclusion, l'étude de la Banque de France ne se transpose pas telle quelle au Luxembourg, dont le marché est plus restreint, très qualifié et fortement transfrontalier. Les données de 2026 convergent néanmoins : l'intelligence artificielle semble d'abord transformer les postes d'entrée, sans provoquer à ce stade de destruction massive d'emplois, avec des exigences plus élevées pour l'emploi des jeunes diplômés.

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Des réponses plus précises sont attendues : le STATEC et l'IGSS ont présenté en juillet 2026 les premiers résultats provisoires d'un projet pilote de scénarios sur l'IA, le marché du travail et les pensions, et le ministère du Travail a commandé une étude sectorielle. Pour les employeurs, l'enjeu consiste à continuer de former des juniors afin de ne pas tarir leur vivier de talents.

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FAQ

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L'intelligence artificielle supprime-t-elle des emplois pour les jeunes au Luxembourg ?
Aucune statistique officielle ne le mesure directement. L'ADEM signale des difficultés pour les développeurs juniors, tandis que le volume d'offres IT reste globalement stable.

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Quels emplois sont les plus exposés à l'IA au Luxembourg ?
D'après le STATEC, les employés de soutien administratif sont les plus exposés, avec un risque d'automatisation de 56%, contre moins de 2% pour les cadres et professions intellectuelles.

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Existe-t-il une étude luxembourgeoise équivalente à celle de la Banque de France ?
Pas à ce jour. Le STATEC et l'IGSS ont présenté des scénarios provisoires en juillet 2026, et le ministère du Travail a commandé une étude sectorielle sur l'IA.

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